Solstice

Depuis quelques heures, nous sommes le 31 décembre. Je dormirais bien, mais mon esprit n'est visiblement pas disposé à me laisser rejoindre les bras de Morphée. Une fois de plus. Alors, une fois de plus, j'écris.
Dans quelques heures, nous fêterons le Nouvel An. Encore une célébration du solstice d'hiver... Mais aussi l'occasion de revenir sur l'année écoulée, même si c'est une démarche plutôt convenue.
Cette année, donc, j'ai déserté la prépa pour la fac. Je crois ne pas m'en porter trop mal. Je suis un emploi du temps moins chargé et réduit à l'étude des mathématiques, j'ai un niveau respectable au sein de ma promotion, je joue plus souvent de l'accordéon, j'ai réintégré ma formation de musique de chambre et j'ai fait des rencontres qui ont débouché sur de nouvelles amitiés (voire... ), tout en préservant celles que j'avais déjà. J'ai parcouru du chemin, et si je n'ai pas réalisé tous mes projets, je n'y ai pas renoncé pour autant.
Cette année, j'ai assisté, dans cet ordre, à un enterrement et à un baptême. Aussi durement que frappe la mort, la vie reprend toujours ses droits, la lumière prend le pas sur l'obscurité... Après tout, c'est ça, le solstice d'hiver, le vrai miracle de Noël.
Solstice

# Posté le jeudi 01 janvier 2009 20:44

Soirée dansante

Jeudi soir. Je suis pressé. Une soirée Halloween commence à 20h au lycée Couffignal, et Pierre-Julien, l'un des organisateurs, m'a naturellement invité à y prendre part. Étant en retard, je m'y rends à vélo pour aller plus vite. Cela dit, mon empressement résulte plus de mon impatience que de la nécessité d'être ponctuel : lorsque j'arrive, la soirée n'a pas vraiment démarré. En compagnie de mon hôte, je dépose mes affaires au vestiaire, et nous retournons dans la salle arrangée pour l'occasion : toiles d'araignées pendant par-ci par-là, squelette accroché au mur, grandes marmites de breuvages mystérieux derrière le comptoir... et bien sûr, baffles, estrades, projecteurs, néons et machine à fumée. On me propose des lombrics dans leur lopin de terre. En fait, il s'agit de bonbons roulés entre les mains et plongés dans un saladier de cookies pulvérisés.

Petit à petit, la salle se remplit. Les gens affluent dans la salle, se mettent plus ou moins timidement à bouger en rythme. Un jeune homme, qui semble s'apprêter à faire des acrobaties, retient l'attention générale, mais ne parvient qu'à faire la roue, et les regards finissent par se disperser. Des cercles de danseurs se forment, remplissant à peu près l'espace disponible.

Je ne sais pas trop comment, mais, comme à chaque fois, un déclic se produit en moi. La musique qui entre dans mon cerveau ne s'arrête plus là et se propage dans mes membres. Ma nuque s'agite, mes épaules se secouent, mes bras s'étendent, mes mains s'animent, mon dos se courbe, mes jambes se chassent, mes pieds se frottent au sol. Mon corps devient celui d'un pantin : la musique est mon marionnettiste. Mon centre de gravité bouge sans arrêt, ce qui revient à dire que je danse comme... un déséquilibré. Parfois, je me laisse tomber sur le dos. Mes jambes basculent alors par-dessus ma tête, mes pieds retrouvent le plancher des vaches, et sans interrompre ma danse, je me retrouve à la verticale. Ceux qui me voient dans cet état pour la première fois sont pour le moins étonnés ; quant aux autres, ils avaient hâte de revoir cette démonstration d'exaltation.
Cependant, mon déchaînement ne se fait pas sans perte d'énergie, et, au bout d'un moment, je me retire discrètement. Avec l'allure d'un zombie, ce qui s'insère parfaitement dans le thème de la soirée, je me rends aux sanitaires, où je me réhydrate et souffle un peu. De retour dans la salle, je suis plutôt tempéré, voire aussi véloce qu'un escargot neurasthénique, mais pas pour longtemps. Je récupère peu à peu, et finalement, un rythme qui me plaît, un éclairage stroboscopique ou un mouvement que je trouve m'entraîne dans une nouvelle perte de limites et un nouveau cycle.

Quand je ne suis ni vidé, ni en surcharge d'énergie, je m'imprègne de l'ambiance. J'essaye un masque qui me rend presque aveugle, a fortiori au milieu de la fumée et de la lumière stroboscopique. J'imite un voisin. À la suite de Pierre-Julien, je danse avec le squelette décroché du mur. Mon hôte me porte sur son dos. Avec d'autres danseurs, nous nous tenons par les épaules : concentré de chaleur humaine. Nous transpirons tous, mais nous avons depuis longtemps dépassé le stade de nous en soucier. L'atmosphère est chargée d'humidité, mon T-shirt est imprégné de sueur, mes cheveux se collent à mon front. Nous scandons "Hey, hey !" en rythme. Nous levons les jambes l'une après l'autre. Nous faisons la queue leu leu. Nous hurlons. Nous dansons la macarena. Nous pogottons. Nous chantons des bouts de mélodie.

Un point de côté se fait sentir. Ouille... Aurais-je oublié de respirer ? Mais la soirée se finit à temps pour m'empêcher d'en être trop gêné. Cela dit, il réapparaîtra de façon récurrente le lendemain, et des courbatures me feront souffrir les jours suivants. Mon bilan : j'ai passé une très bonne soirée. Merci PJ !

# Posté le samedi 25 octobre 2008 15:39

Commandant de la Calypso, emmène-nous...

Commandant de la Calypso, emmène-nous...
Et voilà, je suis revenu de Diemeringen. Enfin... pas tout à fait. Je porte encore les marques du stage que j'y ai animé. Pour commencer, j'ai mal aux jambes, au dos, à la nuque, et je suis épuisé suite à ces quelques jours en compagnie de petits monstres. J'ai été réveillé le matin, assigné à différentes tâches, entravé, sollicité à tout moment, escaladé, coupé du monde et bien d'autres choses encore. Pourtant, j'y ai pris du plaisir. Je me suis amusé, bien sûr, mais j'ai aussi ressenti un sentiment plus profond. Pendant le concert de clôture, il m'est venu à l'esprit que les enfants qui jouaient et chantaient sur la scène, ces enfants que j'avais accompagnés du matin au soir pendant ces trop brèves journées, étaient d'une certaine manière mes enfants. Leurs morceaux avaient résonné quotidiennement dans mes oreilles alors qu'ils les travaillaient, j'en connaissais certains jusqu'à en être blasé, me semblait-il, pour les avoir déjà entendus (voire exécutés) maintes fois auparavant, et pourtant j'étais content d'être là, parce que j'étais fier de leur travail et ému par ces quelques moments passés avec eux.
Pour aller à ce stage, j'ai raté un festival hongrois qu'on m'avait vivement recommandé, le Sziget, mais j'ai bien l'intention de refaire ce choix s'il se représente l'année prochaine, quitte à rater quelques nouvelles expériences...

# Posté le samedi 16 août 2008 20:01

Dans la lune

Dans la lune
Mardi. Ou plutôt mercredi, étant donné l'heure avancée. Un contrôle de mathématiques, m'attend dans quelques heures. Je devrais dormir. Pourtant, le fait est là : ce n'est pas le cas. Est-ce l'émotion des retrouvailles avec ma s½ur, rentrée vendredi dernier des Etats-Unis ? Est-ce une partie de son décalage horaire, qu'elle m'aurait transmise pour mieux reprendre le rythme alsacien ? Est-ce de la solidarité envers ceux qui passent le baccalauréat cette semaine ? Est-ce l'approche de la fête de la musique ? Est-ce le comportement pitoyable de certaines personnes de ma classe ? Est-ce la perspective de quitter bientôt le lycée Kléber ? Est-ce la pleine lune ? Je ne peux certainement pas répondre à la dernière question, en raison des nuages qui couvrent le ciel. J'essayerai de me renseigner. Dommage, j'aurais bien hurlé à la lune. Enfin bon, de toute manière, je ne l'auras pas fait, mes voisins de palier étant probablement endormis, sans parler de ma logeuse, qui habite deux étages plus bas.
En fait, j'ai l'impression de me réveiller seulement cette nuit. J'ai la sensation d'avoir passée la majeure partie de l'année à rester englué dans la routine. Qu'ai-je fait de ces neuf derniers mois ? Bien peu de choses, à mon sens. J'aurais voulu faire tant ! Une telle quantité de temps perdu derrière soi n'aide pas à se résoudre à dormir. J'ai tant de choses à faire, et si peu de temps à ma disposition !
D'un autre côté, si je ceux faire quelque chose de ma prochaine journée, autant commencer par me reposer. Mon portable a eu le temps de se recharger, lui. Bon, assez scribouillé maintenant, ça suffit. Au pieu !

Post-scriptum : J'ai vérifié, et nous sommes effectivement en période de pleine lune...

# Posté le samedi 21 juin 2008 12:01

Rêves

Rêves
Il y a quelques temps, j'ai fait un rêve. On m'annonçait que j'étais atteint d'un cancer. Jusqu'à mon réveil, j'ai cherché à vérifier si j'avais bien compris la nouvelle, mais aussi, imaginant qu'il ne me restait que quelques mois à vivre, je me suis demandé ce que j'allais en faire.
Je suis loin d'être un expert en interprétation des rêves. Cependant, d'une part, inutile de me prendre pour Pierre Desproges : je ne pense pas souffrir d'un tel mal. D'autre part, cela fait un moment que je réfléchis à mon orientation pour la prochaine rentrée, et que j'envisage de quitter la prépa. Mon songe allait dans ce sens.
Certes, je m'aventurerai alors en terrain inconnu, et recevrai une formation de moins bonne qualité, mais je n'ai aucunement l'intention de rester en classe préparatoire quand la faculté propose les perspectives que je vise, en l'occurrence l'enseignement et l'agrégation. J'ai d'autres projets en parallèle pour l'année prochaine, et n'attendrai pas pour les mettre en ½uvre, comme j'y serais réduit si je continuais dans cette voie. J'ai besoin d'oxygène.
Il y a quelques années, l'inquiétude de mes parents et le statut alarmant des intermittents du spectacle m'ont dissuadé de rejoindre cette grande famille. Alors non, je ne me lancerai pas sans filet dans la vie d'artiste, et chercherai un métier garantissant un revenu stable. Mais non, je n'irai pas non plus en "maths spé", pour vivre une année moins riche encore que celle-ci.

# Posté le lundi 12 mai 2008 10:07